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UN COUPLE DE GRANDS MAÎTRES

 

Pendant que certains d’entre vous s’amusaient à VTT ou à vélo, je réalisais de mon côté mon entrée dans la Confrérie des Fêlés du Grand Colombier.
Comme le dit la réclam’ :
« La confrérie des Fêlés du Grand Colombier est ouverte à toute personne âgée de plus de 18 ans qui effectuerait dans la journée deux, trois ou quatre ascensions aller-retour du Grand Colombier par des faces différentes sur (ou en poussant !) une bicyclette mue par sa seule force musculaire. La cycliste ayant réalisé :
¤  deux ascensions (une sur chaque versant est et ouest) deviendra MEMBRE.
¤  trois ascensions MAITRE.
¤  quatre ascensions GRAND MAITRE.
Le cycliste espérant réaliser plus de quatre ascensions ferait bien de réfléchir avant… ! »

 

Mon Homme et moi garons notre voiture au col (Altitude 1501 m), et c’est à 6h45 que nous enfourchons nos bolides pour la première des descentes. Direction Culoz. Le vent souffle, les températures ne sont pas bien élevées à cette heure-là. En plus de mon débardeur, j’enfile donc – dans cet ordre – une veste chaude, un coupe-vent, un maillot de vélo et des manchettes. Et un tour de cou en mode cagoule pour les oreilles. Et bien sûr un collant sur mon cycliste. Un look d’enfer !

 

Après une erreur d’aiguillage de Guillaume, nous partons finalement à 7h30 de Culoz. Mon attirail contre le froid a été préalablement rangé dans mes habituelles sacoches avant et arrière. Longueur 18.3 km - 1262m D+ Pente maxi 14%. Guillaume m’attend depuis 10 petites minutes quand je me pointe au sommet. Nous partageons chips et croque-monsieur avant de repartir pour la deuxième descente.

 

Je me rhabille au grand complet et c’est parti direction Artemare. Nous remplissons au passage nos gourdes dans l’une des fontaines présentes sur le parcours. Une fois de plus, je range mes habits chauds dans mes sacoches et c’est à 10h40 que nous démarrons la remontée. Longueur 15.9 km - 1243m D+ Pente maxi 22% (oui, oui… 22%…). Après deux kilomètres et demi à 13%, je finis par poser pied à terre dans le fameux kilomètre à 19%, lorsque ma roue avant se décolle du sol. Je vais ensuite pousser pendant le reste de cette horrible pente jusqu’à ce qui ressemble à un replat. Les deux derniers kilomètres vers le sommet font mal aux pattes, avec 10 et 10.5% de moyenne. Mais j’aperçois mon père au sommet, qui a fait le déplacement jusqu’ici. Et ça, ça fait chaud au cœur ! (une seule montée du col aujourd’hui pour sa part, mais à 68 piges, j’aimerais en faire encore autant !) Guillaume est cette fois arrivé avec 27 minutes d’avance. Après chips, croque-monsieur, discussion et sieste, nous optons pour une descente vers Anglefort – sur les conseils de Régis, tenant du snack ambulant du sommet, et lui-même membre de la confrérie depuis 1997.

 

On recommence donc : descente, remplissage de bidon dans l’aire de pique nique d’Anglefort, rangement des affaires chaudes dans les sacoches, et poinçonnage à 15h05. Longueur 15.7 km - 1221m D+ Pente maxi 14%. Et là, c’est le drame. 9 kilomètres à 9/10%, quand c’est une première montée, ça va… Mais quand on a déjà 2500m de dénivelé dans les pattes… Eh ben on en chie des bulles carrées. Enfin arrive le replat tant attendu. Si, si, il y a même un peu de descente à un moment donné. Mais comme l’a récemment dit quelqu'un de bien connu, « avec les kilomètres passés, les descentes peuvent s’apparenter à des montées ! » Exact. Même l’arrivée dans les pâturages – qui m’avait pourtant semblée si facile quand nous l’avions rejoint depuis Culoz – me fait faire une pause. J’arrive enfin au sommet… sur les genoux. Guillaume se repose depuis 27 minutes : il est tout autant fracassé que moi. Mais réjouissons-nous ! C’est l’heure du Magnum aux amandes, de l’Ice Tea et de la crêpe à la crème de marrons (oui, tout ça rien que pour moi 😋) Repos quelques minutes allongée par terre, et on part pour la DERNIERE descente vers Champagne !!

Descente, remplissage de bidon, rangement des affaires chaudes dans les sacoches et poinçonnage à 18h52. Il paraît que c’est la montée la moins difficile. A vous d’en juger : Longueur 19.2 km - 1042m D+ Pente maxi 14%. Je monte (très) doucement, mais contrairement à chacune des autres montées, je ne fais aucune pause. J'imagine déjà Guillaume tout impressionné au sommet, que je sois déjà arrivée ! Ah ah ! C’est qu’j’ai d’la r’ssource ! Zéro pause, donc, et je termine les deux derniers kilomètres à 10 et 10.5% (même arrivée que la montée depuis Artemare) fatiguée, mais ravie d’arriver avant la tombée de la nuit : 21h02. Et surtout prête à recevoir les louanges de Guillaume ! …. Qui se caille depuis 30 minutes déjà. Quoi ??? Mais j’ai encore perdu du temps par rapport à tout à l’heure ?! Merde… J’étais donc si lente que ça ! Régis – le tenant du snack ambulant – nous félicite et nous offre des boissons pour fêter ça ! (il m’avait gardé une crêpe à la crème de marrons, mais je suis arrivée trop tard : tout était déjà plié !)

 

Journée terminée avec 141 km au compteur, et quasiment 4800m de dénivelé positif. Pas prête de refaire la même chose ! La fatigue était terrible ce matin… mais comme ça va beaucoup mieux cet après-midi, j’envisage avec grand plaisir notre prochain défi : l’Etap’Off ce weekend. A savoir l’Etape du Tour sans routes coupées ni médaille à l'arrivée.

Je compte sur vous pour vous motiver et nous rejoindre dans la Confrérie des Fêlés du Grand Colombier ! Pour que les Hydrocyclopeds soit le club le plus représenté de la Terre entière ! (et même au-delà !)

 

Laurène MENU – 8 juillet 2018